samedi 2 août 2008

Lichtenberg - Baerenthal


Le lendemain matin, après les premiers pas difficiles au saut du lit, je me dis que mes jambes ont l'air d'être toujours là et qu'elles accepteront peut-être de me porter au moins encore un jour. Mais il faut un peu de stratégie: 1) je trouve dans notre mini trousse de pharmacie un reste de tube d'arnica. Miracle. 2) je vais utiliser mes bâtons de marche comme il faut.

Après notre excellent petit déjeuner, merci Madame Stollé, nous sommes sur le pied de guerre à 9 h 30. Fernand m'annonce que le guidage se fera aujourd'hui, non pas au flair mais" à l'oreille".Nous devons traverser plusieurs villages, par conséquent les bruits qui en émaneront nous serviront de repères. Voilà du neuf! je l'engage quand même à garder la boussole à portée de main.

Pas de grandes montées aujourd'hui, m'annonce Fernand, notre chemin doit simplement longer la lisière de la forêt en parallèle aux villages. Le chemin tout à coup est interrompu par des gros arbres jonchant le sol. Nous avons l'impression d'être dans un champ de bataille. Nous apprendrons plus tard qu'une tornade s'est abattue il y a à peu près 1 mois. C'est effarant de voir les dégâts qui peuvent être causés par un tel phénomène climatique. Il ne nous reste qu'à descendre à travers bois pour retrouver notre chemin plus loin.



Arrivés au bas du vallon, nous nous trouvons devant une rivière sans voir un pont. Qu'à cela ne tienne , Fernand décide de la traverser à pied. Il adore les raccourcis. Nous voilà donc à enlever nos chaussures et nos chaussettes et à nous rafraîchir les pieds.



Nous avons ainsi dépassé le premier village, Rothbach et nous arrivons à Offwiller










Le soleil nous accompagne et nous profitons d'être sortis de la forêt pour admirer la vue, ce qui ne nous arrive pas trop souvent. Comme tous ces villages, Offwiller est très fleuri et bien entretenu. La plus part de ces villages ne sont pas agricoles mais forestiers.

Après ce coup d'oeil, nous retournons dans la forêt, et passons au-dessus de Zinswiller.














Nous nous dirigeons maintenant vers Oberbronn. Nous l'apercevons et sommes impatients car nous allons y faire une pause!

Nous passons d'abord devant un cimetière juif:




Puis nous admirons les premières maisons du village. Comme partout ici, les pelouses sont tondues à ras - les gens doivent passer la tondeuse tous les jours, ce n'est pas possible autrement- et la taille des arbustes est un véritable art:


La décoration des maisons du centre du village est un plaisir pour les yeux.




Fernand n'est pas tant fatigué mais il a mal à son dos de parapentiste.

Moi, je peux dire que je suis fatiguée et ravie de faire une pause. J'ai sucé consciencieusement mes pilules d'arnica toutes les 3 heures, et je vais d'ailleurs me réapprovisionner à Oberbronn. Jusqu'à présent, je ne faisais pas grand cas de l'homéopathie, mais là j'ai trop besoin d'y croire. J'ai aussi appris à utiliser mes bâtons de marche: j'ai compris qu'il faut finalement marcher avec ses bras en s' appuyant à chaque pas sur les bâtons et les jambes ne font que suivre le corps. Pas bête, la fille!

Nous n'avons rien avalé depuis ce matin, sauf de l'eau bien entendu. Malheureusement, il est 14 h passé et on ne nous sert plus qu'une glace. Bon, c'est toujours ça. C'est même délicieux quand il n'y a rien d'autre.

Il faut bien reprendre la route. Et elle monte. Tiens, je croyais que Fernand m'avait dit qu'il n'y aurait pas de grandes montées! Ce n'est pas à pic mais ça monte quand même. Nous allons vers le col d' Ungerthal, où nous rencontrons 3 jeunes vttistes sympas. Ce sont les premiers humains que nous voyons en forêt. Nous apercevons quand même une personne qui travaille: un débusqueur qui déplace d'énormes troncs d'arbre.

La forêt est magnifique. Tiens, un banc! J'avais promis de ne plus m'asseoir, mais c'est juste pour 3 mn et sur le bout des fesses.
Nous passons le col d'Holdereck. Nous empruntons alors le GR 53, passons devant le Château en ruine du Grand Arnsbourg et nous entamons la longue descente en direction de Baerenthal. Là encore nous devons enjamber les troncs d'arbres couchés à terre par la tornade.
Tiens, un daim ou une biche.
Enfin, nous sommes en bas, mais pas arrivés. Nous devons suivre une route macadamisée; un panneau nous indique la direction Baerenthal. Nous pensons qu'il y a peut-être 1 ou 2 km à faire. Ce n'est pas très agréable au bord de la route, des voitures nous rasent. Je recommence à avoir mal, surtout à un genou et une hanche. Fernand a trop mal au dos. Après chaque virage, nous espérons voir un panneau, un toit d'une maison, un signe de vie, quoi! Mais rien, toujours le ruban de la route et le bruit des voitures. Nous commençons à nous demander si nous ne nous serions pas trompés, mais non, il y avait le panneau indicateur. Nous ne parlons plus, nous avançons. C'est la galère. 5 km à pied, ça use pas seulement les souliers. Nous dépassons l'hôtel-restaurant très côté de l' Arnsbourg, mais ce n'est pas pour nous.




Baerenthal existe bien et est là devant nous. Ouf!













A l'hôtel du Kirchberg nous attend un studio moderne, très clean et confortable.




Il nous reste la force de nous sustenter: nous craquons devant une bonne côte de boeuf dans un petit restaurant, au bord de la route. Nous nous apercevons que nous ne sommes pas en Alsace mais en Lorraine, et en fait nous passerons sans arrêt d'une région à l'autre au cours de notre trekking. Nous avons fait ce jour 24 km. C'est beaucoup.


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