samedi 2 août 2008

Quelle idée!


Faire une randonnée de plusieurs jours dans les Vosges est une idée ... de moi. Très étonnante aux yeux de mon cher et tendre, Fernand qui ne s'y attendait pas, mais alors pas du tout! Cela fait un bout de temps qu'il a renoncé à essayer de m'emmener dans les Vosges pour l'accompagner quand il fait du parapente. Tu parles, si un parapentiste veut emmener sa femme, c'est uniquement pour qu'elle lui serve de chauffeur pour faire la navette et le ramener au sommet pour un nouveau vol! Passionnant!

Alors là, cette envie d'aller marcher dans les Vosges, ça vient d'où?

La raison se trouve dans une dose de nostalgie ajoutée à un certain besoin de sortir du quotidien pour avoir un peu d'aventure.

Nostalgie des nombreuses ballades faites dans les Vosges avec nos enfants encore jeunes quand nous vivions dans un appartement. Quasiment chaque samedi et chaque dimanche pendant la bonne saison, nous partions, avec sac à dos et pique-nique et nous nous régalions à faire des feux de bois - à l'époque, ce n'était pas interdit - et les enfants se plaisaient à faire des barrages dans les rivières et torrents. Le retour se faisait toujours avec l'un d'entre eux assis sur les épaules de son père, la tête appuyée sur celle du père en question et ... profondément endormi. A défaut de retrouver ces instants miraculeux, j'avais envie après bien des années, au moins de retrouver les endroits où ils avaient eu lieu.

Un reportage vu à la TV, depuis quelques années déjà, sur le pélerinage de Saint Jean de Compostelle avait attiré mon attention, non pas, je le confesse volontiers sur son aspect religieux, mais plus tôt sur ces longues marches se suivant chaque jour avec des arrêts le soir dans des villages inconnus. J'avais admiré la détermination et la bonne humeur de ces pèlerins face aux difficultés rencontrées, me sentant incapable de réaliser cet exploit mais en quelque sorte désappointée de le savoir .

Et voila comment début 2008 me vint l'idée de faire un trekking dans les Vosges pendant 1 semaine. 1 semaine, c'est en général 7 jours! Je ne me rendais pas bien compte de l'ambition de mon idée!

Fernand, bien que préférant désormais consacrer son temps libre à voler dans les airs, est un amoureux de la montagne et il ne s'est pas fait prier pour organiser un trekking. Raisonnable , il l'a limité à 5 jours, se demandant, sans me le dire, combien de temps je tiendrai le coup!

Mais, où aller exactement dans les Vosges? Là , il y a eu un petit problème de communication entre nous. Fernand ne connaissant pas très bien les Vosges du nord,  décide d'y organiser le circuit,alors que je rêvais de retourner sur nos pas d'autrefois c.a.d. dans le sud des Vosges.
Était-ce vraiment un problème de communication ou bien un choix délibéré qui lui convenait mieux?? Je m'en suis aperçue trop tard et j'ai décidée de faire bonne figure, j'avais mon trekking.

L'organisation s'est faite en 2 circuits: un premier de 3 jours et un autre de 2 jours. Nous avons laissé notre voiture au départ du 1er circuit et sommes revenu au point de départ. Nous sommes allés en voiture dans un autre site et avons commencé notre 2è circuit. Il n'était pas possible, en effet de faire un seul circuit car il nous aurait fallu porter trop d'affaires dans nos sacs à dos, ce qui n'était pas possible pour Fernand qui avait quand même 3 fractures dans le dos, suite à un atterrissage catastrophe en parapente, sous le mistral de la Provence!


La préparation des sacs à dos a été minutieuse. Commencée 1 semaine à l'avance, nous avons empilé et ressorti nos affaires plusieurs fois et prévu des affaires de rechange pour le 2è circuit dans un sac laissé dans la voiture. Nous étions prêts pour, en ce qui me concerne, mon premier trekking.
En avant, marche!

La Petite Pierre - Lichtenberg

Le 9 juillet au matin, après un solide petit déjeuner, les sacs sont entassés dans la voiture et nous prenons la direction de Strasbourg, puis de La Petite Pierre que nous atteignons en 2 heures de route. Nous traversons le village et arrivons au Relais Château La Clairière, dans lequel nous logerons dans 3 jours, à la fin du 1er circuit. Nous y laissons notre voiture. Il est vrai que pour un trekking, on aurait pu imaginer un mode de logement plus simple, type gîte. Mais les réservations n'étaient pas faciles à faire car il fallait toujours coordonner les 2 ou 3 nuitées successives dans le même site, ce qui était plus facile avec les hôtels qu'avec les gîtes car plus rapidement joignables. Je dois dire que ça ne m'a pas dérangé!





Donc, 10h30 le grand départ. Nous contournons l'hôtel et le chemin, au bout de 300 m, fait une fourche. Je propose d'aller à droite mais Fernand préfère la gauche. Je le suis et un petit kilomètre plus loin, nous nous retrouvons ... à La Petite Pierre. Premier carton jaune pour Fernand. Il nous faut revenir sur nos pas. Ça commence bien!

Après une petite marche sur un chemin confortable, nous arrivons dans le village d' Erckartswiller. Fernand est étonné de voir des murs en pierre comme en Provence; on en voit peu dans le sud de l'Alsace. Quelques belles maisons, d'autres plus simples mais toujours bien entretenues.












A la sortie du village,nous retrouvons la forêt, avec un sentier plat, sympathique qui longe un vallon. Un rocher surplombe le chemin et un reste de feu de bois nous laisse penser qu'il a servi d'abri à quelques randonneurs. C'est le Rocher de l'autel.





Nous continuons d'avancer, Fernand consulte de temps en temps sa carte au 25000 ème mais il a décidé de s'orienter "au flair". La nature change à présent, nous sommes entourés de fougères. Au début, je trouvai que c'était joli, mais au fur et à mesure, ces fougères sont devenues plus denses et surtout plus hautes: elles me dépassaient de 50 cm et leurs feuilles empiètent sur le chemin.

Je n'ai plus trouvé ça joli du tout,car je sais que c'est la place favorite des tiques et ça me fait horreur. J'ai laissé entrevoir à Fernand mon insatisfaction !!! si je puis dire. Le pauvre, il essayait de m'élargir le chemin en tapant sur les fougères avec ses bâtons de marche. Une clairière est apparue, nous avons pensé que nous étions au bout de notre peine. En contrebas de notre chemin s'étendait un marécage où nous avons aperçu une biche. Nous nous sommes arrêtés un moment pour l'observer.





Nous nous remettons en marche pour nous apercevoir que le coup des fougères recommence. Quelle joie! Nous arrivons au Réservoir des 4 fontaines et là le chemin s'arrête! Découragés,
nous décidons de prendre notre casse-croûte tiré du sac et... de réfléchir! J'encourage vivement Fernand à laisser son flair de côté et à prendre sa boussole. Aie! Nous ne sommes pas dans la bonne direction et il faut rebrousser chemin car il n'est pas possible de traverser le marécage. Nous voilà obligés de retraverser toutes les fougères! Honnêtement, j'ai un peu râlé. Fernand a droit à un 2ème carton jaune!
Finalement, le marécage se rétrécit en une rivière que nous arrivons à traverser en marchant sur un tronc d'arbre car il n'y a pas de pont à l'horizon. Bon exercice d'équilibriste! Et nous voilà enfin sur le bon chemin.

Nous poursuivons notre route et retrouvons la nature en longeant des piscicultures. Nous arrivons à Sparsbach où nous profitons de la belle vue sur la plaine.














Notre sentier se met à grimper en lacets dans la forêt. Nous passons entre de grands arbres qui s'élèvent pour chercher la lumière. Pas de bosquet, juste une couverture de feuilles mortes. C'est une forêt comme je les aime, très propre, pas besoin de balayer! Un grand rocher en grès rose apparaît; toutes les Vosges du nord sont en grès, la terre est rouge et nous verrons que les maisons dans les villages utilisent le grès dans leurs murs et leurs murets.








Fernand le Magnifique devant le Rocher de l'Englishberg et une vue depuis le haut du rocher.


Arrivés à Wimmenau, nous sommes impatients de nous offrir un petit dessert. Pas de chance, tous les commerces, restaurants, pâtissiers sont fermés le mercredi. Bizarre comme tradition.


Nous sommes sauvés cependant par un café tenu par une "étrangère" au pays ( elle devait venir du département des Vosges) qui ne comprend pas cette façon de faire. Tant mieux, nous savourons d'autant plus notre coupe de glace. Je ne suis pas mécontente d'être assise car la fatigue commençait sérieusement à se faire sentir après les 15 km effectués.





Malheur à moi: après m'être relevée, j'ai de telles douleurs dans les jambes que je pense ne plus pouvoir avancer. Je serre les dents et me force à faire un pas après l'autre. Je me jure de ne plus jamais m'asseoir en cours de route. Et c'est bien ce que je ferai les jours suivants, me contentant la plus part du temps de m'adosser sans m'asseoir. Ah! la vie est dure!


Il nous reste une bonne distance à parcourir pour atteindre notre destination de la journée. Pour couronner le tout, Lichtenberg est en hauteur. Une longue marche en montée nous attend.





Et ça n'en finit pas de monter. J'ai l'impression que mes jambes me rentrent dans le corps, mais je continue sans rien dire. Fernand me dit de bien m'appuyer sur mes bâtons de marche mais je n'en fais rien car ils m'embarrassent plus qu'ils ne m'aident.



Enfin, nous arrivons à Lichtenberg vers 18 h. Nous avons ainsi fait nos premiers 20 km. Fernand, fatigué, moi, épuisée, nous cherchons notre hôtel. Il y en a 2: l'un, pas mal, est fermé: ici aussi, on est mercredi! L'autre, hum! plus simple, dirai-je, c'est le notre.





Plus kitsch que ça, ça n'existe pas. Linos cirés, meubles début du siècle dernier, matelas à ressort avec bosses et creux, décoration soignée: petits oiseaux en porcelaine et bouquets de fleurs en plastique. Fernand est ravi de ce décors, sincèrement, ça doit lui rappeler le village de son enfance. Il dit que tout est harmonieux: en effet, tout est laid!!

C'est une petite dame âgée de 70 ans qui tient toute seule cet hôtel: l'hôtel du Château. Elle s'occupe de tout: l'entretien des chambres - et tout est impeccablement propre- les petits déjeuners, les repas qu'elle cuisine elle-même et le service au bar. Elle ne se fait aider que le week-end. Elle dort à peu près 4 h par nuit, ça lui suffit, dit-elle. Et ceci 7 jours sur 7 et sans aucune vacance pendant toute l'année. Que pourrait-elle faire d'autre? nous dit-elle. Elle est formidable.




Ce premier soir, nous sommes affamés; je dévore un pot- au- feu extra bon, fait maison bien sûr et Fernand se régale de 2 truites, le gourmand. Madame Stollé ne voudra que lui en facturer une seule, ce que bien entendu nous n'accepterons pas. Jamais vu cela!


Un seul couple, Muriel et Yves, partagera la salle à manger avec nous. Ce sont également des randonneurs qui font un trekking de 10 jours et dans le sens inverse du notre mais bien plus long. Nous échangeons quelques informations et ils ont la gentillesse de nous prendre en photo car Fernand a un problème de batterie à son appareil ( comme d'habitude lors de nos voyages...). J'apprends par Muriel qu'il faut prendre de l'arnica avant et pendant le trekking pour soulager les douleurs.

Fernand me propose après le dîner d'aller jeter un oeil sur le château, mais moi je ne peux plus que me jeter dans les bras de Morphée.
Je me demande comment je vais dire demain à Fernand que c'est trop dur pour moi et que je ne peux pas continuer? La nuit me portera peut-être conseil!

Lichtenberg - Baerenthal


Le lendemain matin, après les premiers pas difficiles au saut du lit, je me dis que mes jambes ont l'air d'être toujours là et qu'elles accepteront peut-être de me porter au moins encore un jour. Mais il faut un peu de stratégie: 1) je trouve dans notre mini trousse de pharmacie un reste de tube d'arnica. Miracle. 2) je vais utiliser mes bâtons de marche comme il faut.

Après notre excellent petit déjeuner, merci Madame Stollé, nous sommes sur le pied de guerre à 9 h 30. Fernand m'annonce que le guidage se fera aujourd'hui, non pas au flair mais" à l'oreille".Nous devons traverser plusieurs villages, par conséquent les bruits qui en émaneront nous serviront de repères. Voilà du neuf! je l'engage quand même à garder la boussole à portée de main.

Pas de grandes montées aujourd'hui, m'annonce Fernand, notre chemin doit simplement longer la lisière de la forêt en parallèle aux villages. Le chemin tout à coup est interrompu par des gros arbres jonchant le sol. Nous avons l'impression d'être dans un champ de bataille. Nous apprendrons plus tard qu'une tornade s'est abattue il y a à peu près 1 mois. C'est effarant de voir les dégâts qui peuvent être causés par un tel phénomène climatique. Il ne nous reste qu'à descendre à travers bois pour retrouver notre chemin plus loin.



Arrivés au bas du vallon, nous nous trouvons devant une rivière sans voir un pont. Qu'à cela ne tienne , Fernand décide de la traverser à pied. Il adore les raccourcis. Nous voilà donc à enlever nos chaussures et nos chaussettes et à nous rafraîchir les pieds.



Nous avons ainsi dépassé le premier village, Rothbach et nous arrivons à Offwiller










Le soleil nous accompagne et nous profitons d'être sortis de la forêt pour admirer la vue, ce qui ne nous arrive pas trop souvent. Comme tous ces villages, Offwiller est très fleuri et bien entretenu. La plus part de ces villages ne sont pas agricoles mais forestiers.

Après ce coup d'oeil, nous retournons dans la forêt, et passons au-dessus de Zinswiller.














Nous nous dirigeons maintenant vers Oberbronn. Nous l'apercevons et sommes impatients car nous allons y faire une pause!

Nous passons d'abord devant un cimetière juif:




Puis nous admirons les premières maisons du village. Comme partout ici, les pelouses sont tondues à ras - les gens doivent passer la tondeuse tous les jours, ce n'est pas possible autrement- et la taille des arbustes est un véritable art:


La décoration des maisons du centre du village est un plaisir pour les yeux.




Fernand n'est pas tant fatigué mais il a mal à son dos de parapentiste.

Moi, je peux dire que je suis fatiguée et ravie de faire une pause. J'ai sucé consciencieusement mes pilules d'arnica toutes les 3 heures, et je vais d'ailleurs me réapprovisionner à Oberbronn. Jusqu'à présent, je ne faisais pas grand cas de l'homéopathie, mais là j'ai trop besoin d'y croire. J'ai aussi appris à utiliser mes bâtons de marche: j'ai compris qu'il faut finalement marcher avec ses bras en s' appuyant à chaque pas sur les bâtons et les jambes ne font que suivre le corps. Pas bête, la fille!

Nous n'avons rien avalé depuis ce matin, sauf de l'eau bien entendu. Malheureusement, il est 14 h passé et on ne nous sert plus qu'une glace. Bon, c'est toujours ça. C'est même délicieux quand il n'y a rien d'autre.

Il faut bien reprendre la route. Et elle monte. Tiens, je croyais que Fernand m'avait dit qu'il n'y aurait pas de grandes montées! Ce n'est pas à pic mais ça monte quand même. Nous allons vers le col d' Ungerthal, où nous rencontrons 3 jeunes vttistes sympas. Ce sont les premiers humains que nous voyons en forêt. Nous apercevons quand même une personne qui travaille: un débusqueur qui déplace d'énormes troncs d'arbre.

La forêt est magnifique. Tiens, un banc! J'avais promis de ne plus m'asseoir, mais c'est juste pour 3 mn et sur le bout des fesses.
Nous passons le col d'Holdereck. Nous empruntons alors le GR 53, passons devant le Château en ruine du Grand Arnsbourg et nous entamons la longue descente en direction de Baerenthal. Là encore nous devons enjamber les troncs d'arbres couchés à terre par la tornade.
Tiens, un daim ou une biche.
Enfin, nous sommes en bas, mais pas arrivés. Nous devons suivre une route macadamisée; un panneau nous indique la direction Baerenthal. Nous pensons qu'il y a peut-être 1 ou 2 km à faire. Ce n'est pas très agréable au bord de la route, des voitures nous rasent. Je recommence à avoir mal, surtout à un genou et une hanche. Fernand a trop mal au dos. Après chaque virage, nous espérons voir un panneau, un toit d'une maison, un signe de vie, quoi! Mais rien, toujours le ruban de la route et le bruit des voitures. Nous commençons à nous demander si nous ne nous serions pas trompés, mais non, il y avait le panneau indicateur. Nous ne parlons plus, nous avançons. C'est la galère. 5 km à pied, ça use pas seulement les souliers. Nous dépassons l'hôtel-restaurant très côté de l' Arnsbourg, mais ce n'est pas pour nous.




Baerenthal existe bien et est là devant nous. Ouf!













A l'hôtel du Kirchberg nous attend un studio moderne, très clean et confortable.




Il nous reste la force de nous sustenter: nous craquons devant une bonne côte de boeuf dans un petit restaurant, au bord de la route. Nous nous apercevons que nous ne sommes pas en Alsace mais en Lorraine, et en fait nous passerons sans arrêt d'une région à l'autre au cours de notre trekking. Nous avons fait ce jour 24 km. C'est beaucoup.


Baerenthal - La Petite Pierre

Un orage a éclaté cette nuit. Jusqu'à présent, le soleil a toujours été de la partie. Cela va peut-être changer. Nous discutons avec nos hôteliers qui nous demandent quel va être notre trajet de la journée. Ils font la grimace quand nous leur disons que nous allons à La Petite Pierre. Fernand consulte à nouveau sa carte: il y a 30 bons km devant nous. Cela va pas le faire! L'hôtelier nous propose de nous avancer un peu en voiture. Nous ne nous faisons pas prier.

Donc faux départ en safrane de l'hôtelier, petit cousin de Sébastien Loeb, mais la conduite n'a pas été, heureusement, celle d'un rallyman! Nous voici à Meisenthal.


La seule chose intéressante est le musée de la verrerie. Pas de chance, il n'est pas ouvert le matin. Nous tournons autour à tel point qu'un jeune homme vient nous proposer de faire une visite qui sera gratuite ! C'est sympa de sa part. La fabrication des boules de Noel en verre trouve son origine, comme l'explique un panneau, dans le fait qu'en 1864, il n'y a pas eu de fruits à sécher pour garnir les sapins de Noël. C'est ainsi qu'un habitant de Meisenthal s'est essayé à souffler du verre pour faire des boules de Noël. C 'est une jolie histoire vraie.







Un atelier de verrerie a été reconstitué avec des démonstrations.





Le four, les outils, les pigments, et la demoiselle pour souffler.




Bon, assez soufflé, il est temps de marcher! Nous quittons Meisenthal , nous montons sur la crête et nous nous enfonçons dans la forêt.




L'humidité de la nuit orageuse s'élève et nous espérons retrouver le soleil.






Nous rentrons dans la forêt. Quand nous traversons une clairière, nous trouvons quelques framboises que nous dégustons avec gourmandise. Tout à coup, le ciel s'assombrit et nous sentons les premières gouttes de pluie. Vite, nous nous couvrons de notre imper-pancho et marchons sous la pluie. En fait, je suis ravie, car je retrouve ainsi un vieux souvenir de nos ballades avec les enfants . Une demi-heure plus tard, la pluie s'arrête et le soleil apparaît. Si cela avait duré 3 jours, j'aurai certainement été moins ravie!





Nous nous dirigeons à présent vers un village dénommé Puberg. Nous sommes obligés ici de marcher sur la route macadamisée. Ça monte. Mais nous sommes pleins de courage car nous allons y déjeuner. Nous accélérons le pas à la recherche d'un café, ou restaurant, ou boulangerie, n'importe quoi.




Oui, mais il n'y a rien du tout. Notre estomac crie famine! Nous apercevons un panneau devant la maison d'un particulier indiquant la vente de cerises. Nous allons en avaler 2 kg à nous deux.





Nous continuons notre route, toujours sur le macadam.

Nous sommes fatigués; c'est notre 3è jour de marche. Nous sommes impatients d'arriver à La Petite Pierre et de profiter du SPA de l'hôtel. Mais nous n'y sommes pas encore.

Des pas, encore des pas. Nous sommes silencieux, ah! ça ne rigole pas!




Enfin!

Comme nous sommes contents de te voir, Petite Pierre!





Nous admirons au passage les maisons fleuries et la Maison des païens.


Nous pensons arriver rapidement à l'hôtel mais en fait, il est à la sortie du village. Traverser le village et atteindre l'hôtel nous font encore marcher entre 1,5 et 2 km. C'est long quand on en peut plus. Et par-dessus le marché, il nous tombe tout à coup des trombes d'eau sur la tête à 500 m de l'arrivée. Il nous faut fouiller dans nos sacs pour trouver le pancho et l'enfiler. Fernand peste et finalement nous rentrons dans ce bel hôtel comme des pèlerins dégoulinant de pluie!



Nous prenons possession de notre" suite", s'il vous plaît, et nous nous dépêchons de rejoindre le SPA. Nous espérions nous offrir un bon massage, mais il fallait le réserver depuis un mois!
Nous filons au jacuzzi où nous nous incrustons pendant près d'une heure. C'est trop bon!

Après une bonne douche, où je m'aperçois que j'ai une tique pour la première fois de ma vie,- Fernand s'en enlèvera 2 pendant la nuit- et après un excellent dîner, nous nous endormons avec soulagement. Nous avons fait 18 km et nous ne sommes pas mécontents d'avoir économisé nos forces au départ de Baerenthal car jamais nous ne serions arrivés à faire la totalité du trajet prévu.